Formation des aides-ménagères : notre réalité, notre réponse

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Former nos aides-ménagères est une bonne idée. C'est même une nécessité. Nous ne l'avons jamais contesté. Ce que nous contestons, c'est la manière dont les Régions nous imposent de le faire, sans tenir compte de la réalité de notre métier.

Plutôt que d'attendre les premières sanctions pour non-respect des volumes imposés à chaque entreprise, nous avons décidé d'agir : dans les mois qui viennent, Titres-Services Bruxelles-Est lancera un cycle de formation entièrement digital, pensé pour nos travailleuses et pour la vie réelle d'une entreprise de titres-services.

Ce que les Régions nous demandent

Chaque Région fixe ses propres règles en matière de formation. Elles ne sont ni identiques, ni coordonnées, et une entreprise agréée dans les trois Régions doit jongler avec trois logiques différentes.

À cela s'ajoutent des conditions sur le type de formation admis : formations approuvées par le Fonds de formation titres-services, prises en charge par un fonds sectoriel ou financées par chèques-formation. Autrement dit, toutes les heures de formation ne se valent pas aux yeux de l'administration.

Notre réalité de terrain

Sur le papier, seize heures par an, cela paraît raisonnable. Sur le terrain, c'est une autre histoire.

Organiser une formation en présentiel, c'est vider un planning. Une aide-ménagère en formation n'est pas chez ses clients. Il faut prévenir chaque client, chercher une remplaçante qui n'existe souvent pas, ou annuler. Et quand on ne trouve pas de solution, il ne reste parfois que le chômage économique, ce que personne ne souhaite.

Réunir des travailleuses aux horaires éclatés est un casse-tête. Nos aides-ménagères travaillent chez des clients différents, dans des communes différentes, à des heures différentes. Trouver un créneau commun pour un groupe relève de l'exploit.

La langue est une barrière. Une grande partie de nos travailleuses ne maîtrisent ni le français ni le néerlandais au point de suivre confortablement une formation technique de plusieurs heures. Elles assistent, mais retiennent-elles vraiment ?

Le coût n'est pas tenable. Heures de formation rémunérées, prestations perdues, frais de l'organisme, temps administratif : dans un secteur où nous ne fixons ni le prix du titre, ni la subvention, et où les marges sont minces par construction, chaque heure imposée pèse lourd.

Les travailleuses, elles aussi, en paient le prix. Une formation un mercredi après-midi à l'autre bout de Bruxelles, c'est un trajet de plus, un enfant à faire garder, une journée désorganisée.

Ce qui change : l'heure des comptes

Jusqu'ici, l'obligation de formation restait relativement abstraite. Ce n'est plus le cas. Nous devons désormais remettre chaque année un rapport dans lequel figure, noir sur blanc, si nous avons atteint les objectifs qui nous sont assignés. Et si ce n'est pas le cas, le nombre d'heures manquantes.

Ce chiffre n'est pas anodin. Il peut servir de base à des sanctions financières importantes, potentiellement dévastatrices pour une entreprise de taille modeste. Les premiers contrôles n'ont pas encore produit leurs effets visibles dans le secteur. Mais ils viendront.

Nous refusons d'attendre que les premières entreprises soient sanctionnées pour réagir. Le moment de proposer, c'est maintenant.

Notre réponse : quatre modules, entièrement en ligne

Nous allons faire de notre entreprise un laboratoire. Dans les semaines et les mois qui viennent, nous allons créer un cycle de quatre modules de formation entièrement digitalisés, accessibles à toutes nos aides-ménagères.

  1. Accessibles depuis le portail travailleur. Les formations seront intégrées à l'espace en ligne que nous mettons déjà à disposition de nos travailleuses. Pas de nouvelle application à installer, pas de nouveau mot de passe.

  2. Découpées en courts chapitres. Chaque module sera divisé en séquences brèves, que l'on peut suivre en une fois ou en plusieurs, et reprendre là où on s'était arrêté.

  3. Dans la langue de chacune. Le contenu sera proposé dans les langues réellement parlées par nos travailleuses, avec une place importante pour la vidéo et l'image, pour que la langue ne soit plus un obstacle.

  4. À la carte, quand elles le peuvent. Nos aides-ménagères choisiront le moment qui leur convient. Nous les encouragerons en particulier à profiter des prestations qui tombent : un client absent, une annulation de dernière minute.

  5. Rémunérées. Un code dédié permettra de déclarer le temps passé en formation à distance. Ces heures seront payées comme du temps de travail.

  6. Concrètement, une prestation annulée ne sera plus une heure perdue, ni pour la travailleuse, ni pour nous. Elle deviendra une heure de formation.

Pourquoi ce modèle est meilleur pour tout le monde

Pour nos travailleuses, c'est une formation qu'elles comprennent, dans leur langue, à leur rythme, sans trajet ni garde d'enfant à organiser. Et c'est une prestation annulée qui reste une heure payée.

Pour nos clients, c'est l'assurance que leur aide-ménagère ne disparaît pas de leur planning pour une demi-journée de formation, et qu'elle continue à progresser dans son métier.

Pour l'entreprise, c'est la fin de la recherche désespérée de remplaçantes, du recours au chômage économique et des plannings à reconstruire. C'est surtout un coût enfin supportable.

Pour les Régions, c'est l'objectif de départ, enfin atteint : des travailleuses réellement mieux formées, et pas seulement des heures cochées sur un registre. Un module suivi et compris vaut mieux qu'une journée de présence passive.

Reconnues ou non, ces formations existeront

Nous ne savons pas encore si ces formations seront reconnues par les Régions dans un premier temps. Nous ne savons pas si elles seront remboursées. Si les régions appliquent à la lettre leurs directives froires et déconnectées du terrain, nous en doutons. Nous les mettrons en place malgré tout.

Parce qu'elles auront le mérite d'exister. Parce qu'elles auront été proposées à nos travailleuses dans leur langue, de la manière la plus accessible possible, sans contrainte d'horaire, ni pour elles, ni pour nous. Et parce qu'elles le seront pour un coût enfin supportable, là où appliquer la réglementation telle qu'elle existe aujourd'hui devient tout simplement intenable.

Nous ne demandons pas moins de formation. Nous demandons une formation qui fonctionne. Ce projet est une proposition, construite à partir du terrain, et nous comptons bien la défendre auprès des autorités régionales.

Nous partagerons ici les étapes de ce chantier, nos résultats et nos difficultés. Les autres entreprises agréées qui partagent ce constat sont les bienvenues : ce combat sera plus fort s'il est mené ensemble.

TS-BXL Titres-Services est une marque utilisée par Titres-Services Bruxelles-Est srl (BCE 0808687020) et Nine-Eleven srl (BCE 0461028429).

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